Depuis une vingtaine d’années, Catherine Leduc ajoute – à un rythme sien – ses pierres à un édifice musical aux accents clairs-obscurs. D’abord connue comme moitié de l’attachant et célébré duo folk-pop Tricot machine, elle officie en solo depuis 2014, alors qu’elle lance Rookie. Premier album au déploiement luxuriant et à la force fragile envoûtante, Rookie se présente comme un journal poétique, un faisceau de dream pop entremêlant animaux et analogies sportives, une suite balsamique de folk magique.

Libérée de l’étroitesse du carcan de la chanson dite populaire, elle récidive trois ans plus tard avec Un bras de distance avec le soleil, où son indie pop se fait plus vaste, à la fois naturelle et onirique. Elle y brandit sa vulnérabilité et y ausculte ses plus intimes paradoxes, revendiquant son droit à l’atypie – et celui à l’émerveillement, aussi.

Le temps passe parfois à côté de soi : ça aura pris huit ans, mais voici qu’au printemps 2025, elle rapplique avec Les jours où il neige à tous les postes, un troisième album assemblé en compagnie de son partenaire et collaborateur de toujours, Matthieu Beaumont. On y retrouve une auteure-compositrice fière de son périple de création, fière de sa détermination à continuer de créer pour se concevoir elle-même. On y retrouve, surtout, de magnifiques pièces qui bercent et élèvent, qui sondent et soutiennent – des pièces comme des nostalgies qui avancent dans l’horizon.